Introduction

Souvent, le malade alcoolique ou toxicomane reste aux yeux de la société une figure honteuse cristallisant des pairs contemporains et servant de contre modèles dans la représentation d’une société vertueuse. Dès lors, nous avons essayé d’attirer l’attention des intervenants, des décideurs sur cette consommation excessive et régulière d’alcool et d’autres drogues illicites afin de repenser les actions, en vue de préserver et d’améliorer la santé de la population portugaise, mais le Portugal s’obstine à mener la politique de l’autruche.

Face à ce sombre scénario, nous avons entrepris d’élaborer une méthode psycho-communautaire dans la prévention de l’alcoolisme et autres drogues illicites. Nombreuses furent les expériences qui nous ont permis d’approfondir nos connaissances et de mieux cerner ce problème de « déficience sociale » qui, à l’heure actuelle, atteint sans exception toutes les couches sociales, toutes les tranches d’âge, toutes les nationalités, religions et cultures. Cependant, il serait souhaitable de préciser que notre analyse portant sur le phénomène de « déficience sociale » s’arrête au groupe à risque des personnes alcooliques et toxicomanes.

Par ailleurs, notre méthode psycho-communautaire à bas coûts, accessible à tous et efficace offre une solution alternative dans la lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie pour les couches sociales les plus défavorisées. Ainsi, nous avons voulu concevoir un outil de référence dans un pays où tous les modèles et programmes en vigueur n’apportent aucune réponse satisfaisante au problème et n’améliorent en rien la situation du Portugal. Pour ce faire, notre programme de recherche se situe aux confins de la psychologie, de la sociologie, de la psychiatrie sociale et disciplines adjacentes afin d’apporter des éléments de réponse concrets. Nous avons fini par trouver un dénominateur commun à ces diverses disciplines, celui de la santé mentale communautaire. En outre, cette méthode est subordonnée à certains états actuels de la recherche qui abordent l’importance du rôle de la biochimie, notamment, celui des neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et les opiacés radicaux. Très rapidement, nous avons voulu revisiter le concept d’addiction à l’alcool et/ou aux drogues illicites sans pour autant nous écarter de l’objet de notre étude.

En définitive, sous un angle pragmatique, il nous a fallu sélectionner un certain nombre de personnes à qui nous avons apporté de l’aide pendant neuf ans. Notre population cible fut soumise à deux structures, l’une publique (Département de psychiatrie et santé mentale de l’Hôpital São .João à Porto) et l’autre privée à but non lucratif (Ligue de prophylaxie et aide communautaire – LIPAC) dont les résultats ont été garantis par un suivi des patients d’une durée de 3 ans pour chaque individu. Ainsi, nous avons repris espoir car nous sommes parvenus à « normaliser » environ 424 patients qui représentent un taux de réussite de 60%. En parallèle, nous avons également travaillé le concept de « maladie alcoolique » obtenant un pourcentage de 75% de taux de réussite, mais nous avons décidé de ne pas référencer explicitement cette approche dans le présent ouvrage. Cette méthode psycho-communautaire retrace tout un travail en réseau qui a mobilisé la communauté à travers des figures-clefs et significatives du milieu qui, après une sélection rigoureuse, ont suivi un stage de formation d’environ 100 heures afin d’être promues au statut d’intervenants communautaires. Il est clair que, nous n’avons pas omis le rôle essentiel de la famille au sein de laquelle a été élu un porte-parole qui a joué le rôle de tierce personne, parfaitement disponible et le moins touché par la situation de l’addicte. Le corps professionnel qui s’encadre dans ce processus de réhabilitation et de « normalisation » de l’« handicapé social » se résume à un psychiatre, un psychologue clinique, une infirmière et une assistante sociale.

Enfin, notre méthode psycho-communautaire a déjà attisé la curiosité d’universités, d’instituts, à l’échelle nationale et internationale, qui ont manifesté un grand intérêt pour ce travail jugé incontournable dans la normalisation de la « déficience sociale ». Les excellents résultats obtenus à partir de l’application de cette méthode révèlent, d’une part, son efficacité, et d’autre part, un moyen alternatif aux modèles déjà mis en place voués la plupart du temps à l’échec.  


Article ajouté le 2007-04-02 , consulté 151 fois

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